Une mitrailleuse fixe dévastatrice

Hotchkiss crée un canon-revolver qui n’est pas repositionné après le tir et qui tire en continu. Sa portée utile est 500 mètres et il peut « balayer » une largeur de 10 mètres.

Il diffère des mitrailleuses car le diamètre de ses projectiles est supérieur à ceux des armes portatives. Les calibres des canons-revolvers, utilisés par la marine, sont 37 mm et 47 mm. Un canon-revolver de calibre 40 mm flanque en général les fossés des forts.

Il tire des cartouches de 24 balles sphériques en plomb – de 17.8 de diamètre -, les interstices entre les balles sont remplis de sciure de bois. La douille métallique contient la poudre, sa partie postérieure l’amorce. Quand le percuteur frappe le culot de la boîte, l’amorce s’enflamme et par suite la charge de poudre aussi.

Le canon-revolver atteint 30 coups par minute. Il comprend un faisceau, une culasse avec son mécanisme et un châssis. Ce dernier est en bronze et porte les tourillons. Il rattache le faisceau des canons à la culasse. Ils sont enfermés dans une boîte qui s’assemble à la boîte de culasse.

Le faisceau est formé de 6 ou 5 (pour le 37 mm) tubes en acier dont les axes sont autour d’un cylindre, l’ensemble tourne autour d’un axe. Fixés sur un arbre central parallèle aux canons, deux disques d’assemblage réunissent les tubes vissés dans le disque du tonnerre et qui traversent le disque de volée. Le pas des rayures de chaque canon est constant. Il varie en fonction du tube, par conséquent une dispersion du tir se produit.

La culasse est cylindro-prismatique et en bronze, elle supporte et guide les pièces du mécanisme. L’arbre du faisceau – noté A – traverse son centre et sa partie antérieure, une plaque d’appui de tir – logée en avant et en bas – donne passage au percuteur. L’ouverture d’éjection des douilles est dans la partie inférieure. L’arbre du mécanisme O et l’auget de chargement traversent les faces latérales et supérieure de la culasse.

Perpendiculaire à l’arbre A et aux tubes, l’arbre O actionne le mécanisme. Avec une manivelle on le tourne, une rotation de 360° induit le chargement, la mise à feu des canons et l’extraction des douilles vides.

Le percuteur P est une tige en acier dont les extrémités sont une pointe et un crochet F. Un ressort à deux branches R pousse le percuteur vers l’avant. Le crochet F s’appuie sur une came C calée sur l’arbre O. Si celui-ci tourne de gauche à droite, le percuteur part brusquement en avant et, sous l’action de C il recule peu à peu et comprime le ressort.

À chaque rotation de 360° de l’arbre O, le percuteur est armé et déclenché – il se déclenche pendant l’arrêt des canons –
L’extracteur a deux griffes g et g’, situées à l’extrémité d’une crémaillère C qui a un mouvement de va et vient obtenu au moyen d’une manivelle M fixée sur l’arbre O.

Si on tourne celle-ci de gauche à droite de 360°, la crémaillère s’arrête vers l’avant avant la fin de la rotation des canons, recule et s’arrête en arrière pendant leur arrêt. Ensuite la crémaillère se déplace vers l’avant et s’immobilise pendant la rotation suivante.

Quand l’extracteur est arrêté vers l’avant, la rotation du faisceau place entre ses griffes la douille vide – les canons étant immobiles pendant ce mouvement de recul -. Les griffes entraînent la douille qui rencontre un plan incliné quand elle sort du canon et elle est éjectée.

Les cartouches glissent dans un couloir de chargement et sont disposées une à une dans l’auget. Un piston chargeur P »  pousse une cartouche dans un canon. À chaque rotation de 360° de l’arbre O, P » effectue simultanément les mêmes mouvements que l’extracteur, mais dans l’ordre inverse.

Pour que le piston chargeur ne pousse pas deux cartouches à la fois, un volet de chargement V mobile est placé verticalement sous l’action de son poids et des cartouches lorsque le piston chargeur est en arrière (position 1). Quand ce dernier est en avant, le bec de sa partie supérieure soulève le volet et le piston entraîne une cartouche (position 2).