Une artillerie rotative imposante

La tourelle est une chambre de tir dont le diamètre est environ 2,5 m. Ce corps cylindrique en acier est surmonté d’un cuirassement vertical V en acier de 20 cm d’épaisseur.

Une toiture sphérique en fer laminé ou en acier spécial de 30 cm d’épaisseur et doublée de 30 mm d’acier extra-doux, recouvre le tout. Le poids de la partie métallique est de 85 tonnes. Chacun des trois voussoirs de l’avant-cuirasse pèse 15 tonnes.

Elle est dans un puits en béton. Une avant-cuirasse en fonte trempée de 28 cm d’épaisseur, protège sa partie supérieure.

La tourelle est divisé en trois niveaux : les contrepoids sont à l’étage inférieur, un pivot central et cylindrique P est au niveau intermédiaire et les canons à l’étage supérieur. Un plancher métallique sépare le rez-de-chaussée de l’étage intermédiaire.

La tourelle repose sur le pivot P qui s’appuie sur un balancier B placé à l’étage inférieur. Fixé à l’autre extrémité de B, un contrepoids équilibre l’ensemble. Un treuil à bras permet de descendre ou de soulever la tourelle. Pour que celle-ci n’oscille pas, elle est bloquée en position de tir ou d’éclipse.

En position d’éclipse, la toiture sphérique s’appuie sur l’avant-cuirasse et obture le puits. La tourelle est donc protégée contre les effets explosifs des obus. Des projectiles peuvent atteindre le cuirassement V qui ne résiste pas aux effets des obus, si la tourelle est en position de tir. Celle-ci n’est utilisée que pendant les périodes de non bombardement ou d’attaque décisive et s’éclipse après avoir tiré.

Le 75 mm de campagne est aussi utilisé sous cuirassement. Les deux canons de la tourelle sont parallèles et diffèrent de ceux de campagne par un raccourcissement de la volée. Ils tirent les mêmes munitions et leurs propriétés balistiques sont identiques jusqu’à 2000 mètres.

Pour le recul du canon, chaque tube coulisse dans un manchon, les freins sont hydrauliques et absorbent le recul. Les volées des pièces ne dépassent pas le cuirassement vertical de la tourelle.

Le pointage des canons est souvent indirect, il est direct si le pointeur voit le but. Dans ce cas, il regarde l’objectif par une embrasure située entre les canons de la tourelle et peut suivre les déplacements ennemis car la tourelle tourne sur elle-même.

Au rez-de-chaussée, un ventilateur aspire l’air vicié – gaz toxiques – de la chambre de tir et l’expulse vers l’extérieur.

Un sous-officier et 15 hommes assurent le service de la tourelle. Un observatoire cuirassé dirige le tir, il devrait être – en théorie – au  minimum à 15 mètres. Les données – positions ennemies… – sont transmises par tubes acoustiques.

4000 coups approvisionnent une tourelle de 75 mm.

725 projectiles sont dans les niches et les coffres de l’étage intermédiaire, le reste est dans les magasins des substructions . Les munitions sont transportées par deux monte-charges de l’étage intermédiaire à la chambre de tir. La vitesse du tir est de 10 à 20 coups par pièce à la minute.