Photo Uxegney

Le quotidien des soldats du fort

Les soldats occupent la plupart des pièces du fort. Les lits sont souvent à deux étages avec deux ou quatre places. Un lit comprend une paillasse, un matelas de laine, des draps et des couvertures. Les fusils sont rangés dans des râteliers et les vêtements sur des planches.

Les soldats mangent dans leur chambre. Un poêle à charbon et à bois chauffe plus ou moins correctement chaque pièce. Mais l’atmosphère est humide et malsaine, la moindre épidémie (fièvre, rougeole, variole) provoque facilement le décès de soldats.

Les activités des soldats sont, en temps de paix les corvées, l’instruction (maniement des armes, gymnastique) et les manœuvres, en temps de guerre le combat et le repos.

Entre 1873 et 1914, chaque militaire craint d’être caserné dans un des forts de Belfort car il s’y morfond dans la pénombre, l’humidité et la promiscuité.

La discipline stricte, les corvées, le manque de responsabilité et de liberté d’action, la répétitivité des exercices militaires font que les soldats sont passifs, voire ivrognes. Vol, alcoolisme, homosexualité, racket semblent être le lot quotidien de chaque soldat caserné dans un fort.

La vie de garnison monotone et abrutissante est entrecoupée par quelques réjouissances (cafés, bals, maisons de tolérance…). À cette époque, Belfort, ville industrielle et de garnison, accueille une prostitution florissante.